Terreau, compost, c’est quoi la différence ?

08/10/2018 | Matière organique Sol
compost Voici une question qui revient régulièrement dans les formations. Apportons quelques précisions et profitons de l’occasion pour introduire la terre comme autre élément de réflexion.

En tant que formateur je constate souvent que par une approche active, les personnes qui se posent cette ou ces questions possèdent déjà une bonne partie des éléments de réponse.

Le compost ? Il s’agit d’un amendement organique destiné à enrichir le sol en humus, en éléments nutritifs, à améliorer ses propriétés physiques, biologiques et chimiques. Il répond à une norme différente de celle du terreau

Le terreau ? Il s’agit d’un support de culture, destiné à remplacer la terre, pour des cultures en pots, bacs, godets, c'est à dire hors sol. Il doit être poreux, aéré, tout en retenant bien l'eau, mais sans excès, permettre le développement d'un bon système racinaire. Ce n'est pas un amendement. Pour l'enrichir, c'est à dire pour que ce support de culture puisse nourrir les plantes, on ajoute soit des engrais chimiques, soit un amendement organique et des engrais organiques (compost, fumier…..) pour les terreaux bio.

Le terreau n'est pas utile pour des plantations en pleine terre, sauf si la terre est vraiment nulle, dure, argileuse, très compacte…. mais la meilleure manière d'améliorer une telle terre est d'ajouter du compost, en surface et des paillis, après avoir décompacté la terre.

La composition des terreaux avec des tourbes posent de nombreux problèmes. Le texte suivant est tiré du numéro de juillet-août 2018 de la revue “les quatre saisons du jardin bio” édité par Terre Vivante. “La tourbe est une ressource naturelle difficilement renouvelable. La tourbe est surexploitée en Europe et les fabricants de terreaux proposent déjà depuis quelques années des terreaux où l’intéressée est remplacée par de la fibre de coco, des composts d’écorce, des fibres de bois ou d’écorces. La mise au point de tel terreau est complexe afin de ne pas décevoir les utilisateurs habitués aux performances de la tourbe. Après une première génération de produits pas totalement convaincants, il était difficile de trouver des terreaux sans tourbe en jardinerie. Cette année plusieurs grandes marques en proposent à nouveau. Un test comparatif est en cours avec les jardiniers de Terre Vivante. Résultats à lire dans un prochain numéro".

Le meilleur moyen de réduire la consommation de tourbe pour un jardinier, c'est de bien remettre le terreau à sa place (support de culture) et ne pas l'utiliser à tort et à travers. C'est aussi de s'interroger sur la promotion des cultures en bacs, sur terrasse, toiture, lasagne etc. qui consomment beaucoup de terreau pour un coût très élevé et un bénéfice réel très faible, et avec des contraintes très élevées.

On parle parfois de terreau de feuilles. Il s’agit dans les faits d’un compost de feuilles. Mais sa porosité et légèreté lui confèrent des qualités proches des terreaux d’où cette appellation.

Et la terre ?

Elle contient une partie essentielle mais relativement peu importante de matières organiques. Entre 2 à 6 % selon les types de sols et les modes culturaux utilisés. Les terres de la Beauce, utilisées pour de la production intensive de céréales, ont des taux de matières organiques inférieurs à 2 %. Ce qui rend les cultures sensibles aux maladies et le sol fragile face à l’érosion. L’essentiel d’une terre est donc constitué de parties minérales, des parties les plus grossières comme les cailloux aux plus fines comme les sables, les limons et les argiles les particules les plus fines. Toutes les terres contiennent des argiles, des limons et des sables, seules les proportions varient. Une terre argileuse contient évidemment une majorité d’argiles.

Christian Nanchen et Denis Pépin, agronome, auteur de l’ouvrage Compost et paillis, édition Terre Vivante